Des montagnes superbes et un peuple chaleureux

&p[url]=http%3A%2F%2Fwww.thecyclophotographer.com%2F2016%2F06%2F30%2Fdes-montagnes-superbes-et-un-peuple-chaleureux%2F&p[images][0]=http%3A%2F%2Fwww.thecyclophotographer.com%2Fwp-content%2Fuploads%2F2016%2F07%2F20160628-G.1-Femme-chinoise-website.jpg" class="fb-share fb-link clearfix">

Xinjiezhen - Panzhihua

29 Km
Histoire de bien finir de récupérer des jours précédents, aujourd’hui sera une petite journée. Je prends donc mon temps le matin avant de partir. C’est donc après une bonne soupe de légumes vers 12h que je quitte Xinjiezhen.
La route commence directe en montée ce qui me met très rapidement dans le bain. C’est en arrivant à une barrière avec un poste de police que les problèmes commencent. L’un des policiers veut que je prenne une entrée payante pour accéder aux point de vue sur les rizières. Je tente de lui expliquer que je veux pas payer, que j’emprunte juste la route qui mène au Laos. Au bout de quelques minutes il me fait signe de continuer comme si c’était plus son problème. Je prends donc mon velo, roule 50m, et me fait arrêter à un 2ème poste de police. L’autre semblait déjà prévenu de mon arrivée car il avait l’air de m’attendre. Il me fait signe de faire demi tour et de payer. Je tente les explications précédentes mais rien n’y fait. Je lui demande quand même le prix et il me répond 100$.
– Quoiiiii?
Il me fait signe que je peux prendre l’autre route pour aller au Laos en me montrant l’intersection. Je lui montre quand même que sur google map, l’autre route n’y est pas. Donc je saurai pas où je vais si je la prends. Je retourne donc au 1er poste, vais au guichet et tente encore une négociation avec le gars de l’accueil. Il va voir les 2 premiers policiers…et me dit d’y aller. Je le remercie, repars, et passe devant le 2ème poste de police où le policier semble s’être caché de moi derrière un buisson. Sans doute qu’il était gêné. C’est donc avec fierté et toujours mes 100$ en poche que je continue ma route. Très rapidement je vois quelques rizières plutôt jolies et m’arrête rapidement pour shooter.
Au moment où je repars je croise mes 2ères étrangères depuis que je suis en Chine. Et en plus elles sont françaises. Toutes 2 la cinquantaine, elles m’expliquent qu’elles vivent en chine et que les chinois parlent souvent en dollars.
– je me disais bien que 100$ ça paraissait cher.
– non, c’ était 100 yuans (environ 13 euros)
– Ah ah ils sont fous c’est très différent.
En tout cas leur erreur m’a permis de pas payer. J’apprends aussi que lorsque les chinois offrent des fruits c’est un signe de bienvenue et de respect. Apparemment elles me disent que je suis très bien vu car on m’en a offert à plusieurs reprises depuis mon arrivée (même des cigarettes). Décidément, voyager en velo est vraiment un bon moyen de socialisation quelque soit le pays traversé. On regarde les cartes ensemble et heureusement que je n’ai pas payé car les points de vue sur les rizières me font faire un détour de 60km aller-retour. Je décide donc de continuer ma route sans y passer. De toute façon la meilleur saison est de décembre à janvier pour voir le coucher de soleil dans les rizières. Je franchis mon premier sommet à presque 2000m (1934m exactement)…et attaque enfin un peu de descente. Je passe devant un point de vue où on tente une fois de plus de me faire payer…30? Non…20? Non…10? Toujours pas. J’ai pu avoir le point de vue au virage précédent pourquoi je paierai pour voir la même chose? Sont fous ici.
Je me laisse descendre jusqu’à Panzhihua. C’est un petit village de montagne où la vie s’écoule paisiblement.
Je m’arrête sur la place centrale et m’assois à table avec un groupe de jeunes chinois. Nous mangeons du tofu frit que l’on trempe dans une sauce pimentée. C’est délicieux. Le tout arrosé d’une bière locale bien sûr. Ils me demandent à faire des photos avec moi. Je réponds à l’affirmative et ils sont super heureux de pouvoir se prendre tous ensemble en photo avec moi. Je leur explique que je cherche un abri pour poser mon hamac. L’un d’entre m’offre la bière et les tofus, puis je le suis jusqu’à chez lui. Ou plutôt jusqu’à la maison en construction dans laquelle ils vivent avec son ami. Leur parents sont partis travailler assez loin tandis qu’eux squattent ici pendant ce temps là vu qu’ils sont encore étudiants. Et c’est vraiment un squatte: tout est sale, des détritus jonchent le sol à côté des matériaux de construction, les lits sont sales et les insectes sont les colocataires (si ce n’est les propriétaires du lieu tellement ils sont nombreux). Une heure après notre arrivée ils décident de faire à manger. Je réalise à ce moment là que la propreté et l’hygiène alimentaire sont…inexistantes. La table à découper la viande est une planche sale de BTP que l’un d’eux nettoie rapidement à l’eau avant de nettoyer le fond du wok…avec un balai à l’aspect très douteux. Malgré leur incroyable gentillesse, je me dis qu’il va falloir que je garde ma pharmacie sous la main cette nuit. Nous mangeons donc ensemble avant d’aller chez un de leur amis pour que je prenne une douche, l’eau chaude n’étant pas encore installée dans la maison (je me serais contenté d’eau froide mais on ne m’a pas laissé le choix). Ce n’est que vers minuit que nous rentrons, j’installe mon hamac et dors paisiblement jusqu’au lendemain matin. Si ce n’est un léger mal de ventre vers 5h, je constate que mon organisme s’est bien habitué à l’alimentation des bords de routes où l’hygiène est inexistante depuis des mois. Le corps s’adapte et se renforce au fur et à mesure du voyage.

Panzhihua - Ezhaxiang

68 Km
Je quitte Panzhihua après avoir remercié mes 2 étudiants chinois. La route serpente en descendant entre les rizières et j’en profite pour faire quelques shoots et vidéos.
Il semble que l’on ait oublié de goudronner à de nombreux endroits par ici et j’alterne ainsi cailloux, boue et traversées de ruisseaux.
Je passe ainsi de 1300m d’altitude à 600m…pour remonter à 1200m vers midi. Je m’arrête donc en pleine chaleur au milieu d’un petit village d’altitude pour manger. Je me repose ici pendant environ 3h. Puis je repars en descendant…et mieux regrimper à 1300m au petit village de Ezhaylang, perdu au milieu des rizières. Tout le monde semble très étonné de ma présence ici. Il ne doit pas y avoir très souvent d’étrangers dans le coin. Et encore moins à vélo. Tous les enfants semblent vouloir me suivre où que j’aille. Je me retrouve rapidement avec une vingtaine d’enfants autour de moi.

Ezhaxiang - Niukongxiang

70 Km
C’est sous la pluie que j’attaque l’ascension. J’arrive à un petit village où je dois passer un poste de contrôle de police. Ils m’arrêtent, contrôlent mon passeport, notifient dans le gros carnet habituel…et me propose de m’asseoir et de boire le thé avec eux. Ah ah ils sont trop les policiers ici, une gentillesse incroyable (quoique à mon avis il vaut mieux être en règle quand même). Je grignote quelques gâteaux, échanges quelques mots avec eux et ils me donnent 2 gâteaux en guise de « au revoir ». Trop sympas. Je repars pour quelques kilomètres d’ascension en direction du col à 1951m.
Je redescends quelques kilomètres et là le retour à la civilisation est brutal. Me voilà face à une ville. Je ne suis que depuis quelques jours dans les montagnes, mais ça me semble suffisant pour apprécier le calme. Me voilà donc face à une ville principalement industrielle, avec un centre ville bruyant, où les gens grouillent dans tous les sens, où ça klaxonne de partout, les hauts parleurs hurlent des slogans dans tous les sens et les femmes aux tenues traditionnelles vendent leurs fruits et légumes entre les boutiques de smartphones avec le dernier iphone en promo et celles d’informatique mettant telles tablettes en avant. Les immeubles sont les uns sur les autres. Les gens vivent les uns sur les autres. Le monde progresse parait-il. Oui mais dans quel sens? Le progrès, la civilisation sont les causes de tout ceci. Il y a encore 2 jours je rencontrais des chinois qui m’invitaient à dormir, me proposait à manger. Les véritables valeurs disparaissent avec l’avancée du monde.
Je me dépêche donc de traverser la ville et reprends la route qui me conduit dans une vallée très encaissée. Les parois des montagnes sont très proches et très hautes. Ce qui n’empêche pas la culture du riz aux abords du fleuve qui serpente ici.
Je finis par arriver à Niukongxiang, où dès mon arrivée un jeune m’arrête pour faire un selfie avec moi. J’en profite pour lui demander où je peux manger et trouver un abri pour dormir. Il prend un scooter et me dit de le suivre. Nous arrivons dans une petite gargote où pendant que je mange une soupe de nouilles il part à la recherche d’un lieu où je pourrai passer la nuit. A peine fini mon repas, il m’emmène sur la place centrale du village, là où semble avoir lieu les marchés, vu les stands vides qui restent. La place est vraiment grande, et surtout abritée par un grand toit. Une quinzaine d’enfants s’attroupent autour de moi, et je dois attendre 22h pour pouvoir installer mon bivouac.

Niukongxiang - Daheishanxiang

70 Km
L’un des avantages des villages de montagnes, c’est que même sur la place centrale du village, on peut passer une nuit très calme.
Je reprends la route qui continue de descendre doucement. Mais je me fait vite rattraper par la réalité qui me rappelle que je suis en montagne…et qu’il faut donc remonter.
Environ 10km plus loin, un homme et ses amis m’arrêtent pour me proposer de m’asseoir. Ils m’offrent une bouteille d’eau fraiche et du thé. Je décide d’immortaliser l’instant, pose mon appareil à terre, mets le retardateur et nous prends tous les 4 en photos. Je lui montre la photo et soudain son visage s’illumine: il me fait un grand sourire, m’emmène dans la pièce qui sert de cuisine où frémissent un wok et une casserole sur un feu de bois. Il me dit de rester manger avec eux. Hé bien, je ne savais pas que la photographie pouvait avoir un tel effet. Me voilà donc à table avec eux, quelques uns de leurs amis se joignent à nous et très rapidement nous voilà 8 autour de la table. L’alcool de riz coule à flot et au bout d’un moment la fatigue arrive. Ils me proposent de m’allonger sur un des canapés dans la pièce d’à côté…et je m’endors pour 1h. A mon réveil, mon hôte s’est absenté et un de ses amis dort lui aussi sur le canapé d’à côté. Nous prenons un thé ensemble, et il me fait manger un morceau de tubercule pour faire passer le mal de tête. Mon hôte revient, je le remercie de son hospitalité et reprends la route quelques minutes plus tard.
Je rejoins le col environ 1h30 et je pars pour un descente qui m’emmènera jusqu’à Daheishanxiang, petite ville d’altitude où je passerai la nuit dans un centre de plusieurs bâtiments.
Please follow and like me:

Poster un Commentaire

Soyez le premier à commenter !

Me notifier des
avatar
wpDiscuz