Vous reprendrez bien un peu de pluie? Ça tombe bien c’est la saison

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Daheishanxiang - Guoqingxiang

58 Km
C’est la saison des pluies et je commence à le réaliser: au bout de 3 km, la route se transforme en chemin boueux…pendant 5km. Évidemment, tout cela se fait servi avec une petite pluie qui m’accompagne pendant le trajet.
Au moment où je pense que c’est fini, le chemin devient plus sec mais se met à monter (parfois roulant, parfois gavé de caillasses). Je passe ainsi de 500m d’altitude à 1300m uniquement en tout terrain. J’alterne pédalage et poussage. La sueur coule dans les yeux, des dizaines de moucherons volent autour de ma tête jusqu’à me rentrer dans les yeux. C’est épuisé que j’arrive à un petit village d’altitude qui marquera la fin de ce chemin.
Je repars dans l’espoir d’une belle descente mais celle ci sera brève et les montées qui suivront m’emmèneront jusqu’à un col situé à 1600m. J’y passe d’ailleurs un petit moment le temps d’attendre la fin de l’orage et l’averse.
Un homme très curieux de mon voyage m’offre un repas. Au moment où la pluie se calme, je m’apprête à repartir et c’est à ce moment que le groupe de militaires qui étaient à 10m de moi se décident à vouloir me contrôler. Le plus jeune, fusil mitrailleur à la main semble vouloir faire du zèle:
– qu’est ce que vous faites là?
– d’où venez vous?
– pourquoi êtes vous là?
– avez vous vos papiers?
Je lui tends donc mon passeport pour la 2ème fois (apparemment il sait pas lire) et c’est une femme militaire qui rigole et semble lui dire de me laisser tranquille, que je suis en règle. Ouf, je peux repartir tranquille.
La descente qui suit m’amène à Guoqingxiang. La pluie se remet à tomber de plus en plus fort et je dois m’abriter sous le porche du premier bâtiment venu. Un homme me dit de rentrer à l’intérieur et m’explique que je suis dans une fabrique d’alcool de riz. Allons bon, fallait que ça tombe sur moi ça! Résultat 2 minutes plus tard me voilà avec un verre à la main. J’en profite pour demander à ceux avec qui je trinque si ils connaissent un endroit où poser mon hamac cette nuit. L’un d’eux me dit habiter en face et que je peux dormir chez lui. Nous traversons la rue et nous retrouvons à échanger quelques verres d’alcool de riz mais cette fois ci mariné depuis 3 ans avec des fruits. L’alcool est bien meilleur ainsi et me rappelle les rhums arrangés de l’ile de la Réunion. Pendant ce temps là l’orage gronde, les éclairs déchirent le ciel et la pluie tombe à sceau. Un ami à lui et sa fille arrivent, et nous tentons d’échanger quelques mots, mélange de chinois et d’anglais pour essayer de nous comprendre, le tout dans de grands fous rires. Mais il est temps d’aller dormir, la journée a été dure, et c’est après une bonne douche que j’intègre ma chambre pour cette nuit dans un bon lit douillet.

Guoqingxiang - Zhengdongzhen

65 Km
Je me réveille tranquillement…en entendant la pluie qui continue de tomber fortement. Le temps de prendre quelques forces et je profite d’une accalmie pour dire au revoir à mon hôte (qui voulait que je reste encore) et prendre la route. Par ici les côtes sont moins fortes et j’avance un peu plus vite. Malgré tout c’est sous une alternance de périodes sèches et de pluies que les kilomètres se suivent. Je finis par devoir m’arrêter sous un hangar en attendant que ça se calme. Je constate que dans ces moments là, c’est toujours utile d’avoir un livre à portée de main.
Je repars dans des paysages qui changent au fur et à mesure, les rizières ont désormais fait place aux champs de thé, où la culture ici, semble assez intensive.
C’est en fin d’après-midi que j’arrive à Zhengdongzhen. Les canalisations de la ville sont en travaux et avec la pluie qui est tombée toute la journée, je traverse une ville pleine de boue. Cela n’enlève en rien le charme de cette petite ville tranquille et je finis par rencontrer un groupe de chinois dont un qui m’hébergera pour la nuit dans le sous sol de sa maison.

Zhengdongzhen - Yiwuxiang

90 Km
Pluie, pluie, pluie. Voilà le 3ème jour qu’il pleut. Mais malgré le temps, je dois laisser mon hote et prendre la route.
Je traverse un plateau d’altitude où les montagnes font place à des collines ce qui me permet de rouler plus vite ce matin. Je passe devant une fabrique de thé et en profite pour faire une visite rapide.
Il n’y a as que le relief qui change mais aussi les cultures. Les rizières, bien que toujours présentes, ont largement fait place aux champs de thé. L’après midi, la montagne reprend ses droits et c’est par une longue ascension que je monte à Yiwuxiang situé à 1300m.

Yiwuxiang - village inconnu

92 Km
Départ de Yiwuxiang. La route descend ce qui est une bonne entrée en matière pour commencer la journée. Je traverse la forêt de Lvshilin, de grandes montagnes uniquement recouvertes de forêts, avec pratiquement aucune agriculture.
La route de montagne que j’ai pris depuis plusieurs centaines de kilomètres rejoins une autoroute, et les 2 seront plus ou moins parallèles jusqu’au Laos. Tout le long, des travaux de BTP sont en cours sur ma route et le bitume laisse souvent la place aux cailloux et à la boue. En fin de journée, la route remonte à travers la montagne où je ne croise personne. Il va bientôt faire nuit et je ne vois aucun village sur la carte. Je commence à songer à dormir dehors mais les bas côtés sont pratiquement inutilisables pour mettre un hamac ou une tente. Je continue donc et j’arrive à un petit village non répertorié où je trouve un restaurant. Alors que je me mets à table, la pluie commence à tomber. De plus en plus fort. Finalement j’arrive à négocier avec le patron et je passerai la nuit au restaurant, à l’abri de la pluie qui tombera jusqu’au lendemain.

Village inconnu - Mohanzhen

76 Km
Réveil sous la pluie. Encore et encore. Le temps de me préparer et l’averse se calme, laissant la place à un petit crachin qui se déverse sur moi. Au fur et à mesure de la montée, les nuages s’éclaircissent et la descente se fait sous les éclaircies du soleil. Je finis par arriver à Mengla, où je pars à la recherche d’un bureau de change histoire d’avoir quelques dollars pour passer la frontière du Laos. Malgré quelques difficultés pour trouver le fameux bureau, je finis par mettre les pieds dedans (juste un guichet dans une banque). Mais évidemment c’était sans compter l’administration chinoise, et pour ce qui ne devrait être qu’une simple formalité de 2 minutes dure bien 1/2 heure: photocopie de mon passeport, rentrée des données du passeport dans l’ordinateur (le plus long étant la traduction du français au chinois), signature des 4 formulaires…bref, ce qui prend 2mn dans un autre pays prend une autre dimension dans le géant de l’Asie. Mais je ressors avec mes dollars en poche, prêt à passer au Laos.
Le temps d’un repas en attendant que la pluie cesse (on a le droit d’y croire), et je reprends la route vers la frontière qui n’est plus qu’à 52 Km. En fait la pluie reprend de plus belle. Et la route que je croyais être une petite nationale menant au Laos est plutôt proche du champ de bataille: trous, cailloux et terre. Et avec la pluie qui ne cesse de tomber, j’ai l’impression d’évoluer sur un chemin de terre de Guyane en pleine saison des pluies. Bon j’exagère un peu d’autant que je ne suis jamais allé en Guyane. Mais l’idée est là. Des flaques d’eau gigantesques, des mares de boue, de la caillasse. Bref de quoi m’occuper tout l’après midi.
J’ai le choix de prendre la belle nationale bitumée et aseptisée qui longe mon chemin mais je préfère cette voie. D’ailleurs les locaux sont très chaleureux en me voyant passer sous la pluie, couvert de boue. Tout le monde me sourit et me dit bonjour, que ce soit en chinois ou en anglais. Mais le vélo prend cher aussi. La chaine couine, craque, mais je ne lui laisse aucun répit: il faut passer. Ma fidèle monture et moi même roulons dans la terre, glissons dans la boue jusqu’à parfois atteindre l’enlisement complet, les 2 pieds dans la boue.
Je finirais par arriver complètement trempé à Mohanzhen, dernière ville située à 10km de la frontière avec le Laos. Je m’abrite de la pluie devant un petit supermarché et le propriétaire, très sympathique et parlant un peu l’anglais, me propose de laver mes chaussures pleines de boue derrière son enseigne, puis me laisse me changer dans une cabine du magasin. Il me montre aussi un endroit où je pourrai passer la nuit à l’abri des intempéries.
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